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REPONSES A QUELQUES QUESTIONS SUR LA GRIPPE

Professeur Jean CABANE, 7 Octobre 2009

La grippe est une menace pour tous, mais particulièrement ceux qui ont une maladie et en particulier pulmonaire. Voici quelques éléments de réponse qui s’appliquent à l’épidémie actuelle.

Contagion, transmission

Les virus de la grippe se transmettent tous par voie respiratoire et accessoirement par contact. Donc la protection est faisable
- en évitant de respirer le même air que les tousseurs
- en portant un masque qui filtre les gouttelettes d’eau microscopiques contenues dans l’air expiré
- en se lavant les mains et/ou en se les frictionnant avec de l’alcool ou une solution hydroalcoolique adaptée

Le portage dure de 1 jour avant et jusqu’à 7 jours après le début de la fièvre (davantage chez les enfants et les immunodéprimés). La période d’incubation est de deux jours en moyenne (1-7).

Signes

La fatigue, les douleurs de muscles, la fièvre à 39°, la toux, la gêne respiratoire, la congestion nasale, le manque d’appétit, les maux de tête sont caractéristiques et touchent 9 malades sur 10. Ils apparaissent brutalement. Un quart des malades a des signes digestifs : vomissements, diarrhée

Qu’est-ce qu’on risque ?

La grippe est souvent inapparente, et le plus souvent bénigne : on guérit dans plus de 9 cas sur 10 sans complication. Les problèmes viennent de complications respiratoires très rares (1/1000) mais sérieuses :
- atteinte pulmonaire (pneumopathie) sévère obligeant à une hospitalisation voire à une assistance respiratoire temporaire : le signe essentiel est une respiration > à 30/minute
- otite
- l’obésité, l’insuffisance respiratoire et la grossesse sont associés à davantage de complications respiratoires
- surinfection bactérienne de la pneumopathie virale
- encéphalites, polyradiculonévrites (syndrome de Guillain-Barré) chez 4-7/100.000
- syndrome de Reye chez l’enfant traité par aspirine

Quel traitement ?

Il n’est pas systématique. Le médicament antiviral (oseltamivir 75mg 2 fois /j) est capable de réduire la durée de la grippe et la sévérité des complications. Il se donne durant 8 j et les doses sont augmentées en cas de pneumopathie. Elles sont adaptées au poids.

Quel vaccin ?

Les vaccins anti-grippe A H1N1 sont préparés sur le même mode que les vaccins contre la grippe saisonnière, avec un adjuvant pour ¾ des vaccins qui seront disponibles en France. Les effets indésirables de ces adjuvants sont connus pour être bénins puisque des millions de patients ont reçu les vaccins saisonniers sans problèmes. Il peut y avoir de la rougeur, de la douleur au point d’injection. Un peu de fièvre et un peu de fatigue sont possibles le lendemain.

La rumeur sur le syndrome de Guillain-Barré remonte à une campagne de vaccination de masse aux USA en 1976 qui avait été stoppée pour la survenue de cas de polyradiculonévrites dont l’imputabilité au vaccin était possible (il y avait eu 1 cas pour 100 000 vaccinés).

Depuis la fréquence de ce syndrome post-vaccination a été surveillée et mesurée à 1 cas par million de vaccinés.

L’efficacité et la tolérance des vaccins ont été jugées bonnes par l’agence européenne du médicament (EMEA). Certes les malades ayant une immunité abaissée (par la maladie, les carences ou leur traitement) auront une moindre réponse au vaccin mais généralement les taux d’anticorps anti-grippe produits sont corrects, dans la zone protectrice.

Il n’y a pas de publications scientifiques sur de grandes séries de malades faisant penser à une réactivation possible de maladies autoimmunes (en particulier la sclérodermie) par le vaccin anti-grippe.

Comment en pratique ?

La vaccination se fera par deux injections à 3 semaines d’intervalle.

Les personnes à vacciner en priorité seront
- les personnels de santé
- les malades vulnérables : insuffisants respiratoires, insuffisants cardiaques, insuffisants rénaux
- femmes enceintes
- enfants de moins de 6 mois et les personnes autour d’eux

CONCLUSION

On se vaccine pour se protéger et pour protéger les autres. La grippe évolue depuis cent ans et son impact individuel varie entre rien et des complications sérieuses. Les effets indésirables possibles des vaccins sont rares et bénins, face à un risque réel. Le risque de Guillain Barré post grippal est supérieur à celui, hypothétique, associé au vaccin. Pour les sclérodermiques et en particulier ceux qui ont une atteinte pulmonaire, rénale, cardiaque ou digestive, ou un traitement corticoïde ou un traitement immunosuppresseur, il est recommandé de se vacciner maintenant contre la grippe saisonnière pour respecter un délai de trois semaines avec le vaccin contre le virus H1N1 variant épidémique. Il est recommandé de se vacciner aussi contre le pneumocoque.

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